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Le diagnostic définitif d’une allergie alimentaire demeure difficile et de nombreuses recherches sont faites pour trouver le Saint Gral du test de diagnostic absolu. Nous en sommes loin, les études récentes montrant que les hypersensibilités digestives ne dépendent pas seulement de l’allergénicité intrinsèque de l’aliment ou de la réponse IgE sérique ou fécale. Les nouveautés dans le domaine de l’allergie alimentaire sont peu nombreuses, les plus patentes étant la mise sur le marché d’hydrolysats et les études de l’allergénicité des aliments

Allergènes alimentaires

Allergènes de la viande

Les allergènes majeurs des aliments sont assez bien connus chez l’homme : comme l’allergène M des poissons, le Gly m 1 du soja ou les Ara h1 et 2 de l’arachide. Chez le chien, on a pu montrer que la caséine du lait de vache peut être un allergène puissant chez des chiens prédisposés aux allergies alimentaires. Des études chez le chien montrent que les immunoglobulines G (chaînes lourdes) du bœuf peuvent être un allergène commun au lait de vache et à la viande de bœuf et qu’il existe des réactions croisées viande de bœuf / viande de veau. Dans des modèles de chiens allergiques spontanément, on a pu démontrer que la caséine du lait est aussi un allergène potentiel important.
Dans le cadre d’une étude sur l’antigénicité d’un hydrolysat de poulet, on a pu mettre en évidence une très forte reconnaissance, par les chiens artificiellement sensibilisé aux protéines de viande de poulet, d’une protéine de fort PM (60-70 kD) qui ressemble fort à l’albumine.

Réactions croisées lors de pollinose

Les réactions croisées pollen / aliment sont une des grandes dominantes de l’allergie alimentaire de l’Homme adulte. Chez le chien une telle association n’existe pas à l’exception d’un chien japonais chez lequel l’allergie au cèdre du Japon croise avec une allergie à la tomate.

Chien modèle d’allergie à l’arachide

La sensibilisation expérimentale (allergène adjuvé par de l’hydroxyde d’alumine) de chiens avec différents extraits d’oléagineuses a permis de mettre en évidence un pouvoir allergénique décroissant comparable à ce que l’on observe chez l’homme : arachide > noisette >  blé, soja > orge. Il n’existe pas de réaction croisée soja/arachide, ni entre la noisette et le pollen de noisetier, contrairement à ce que l’on observe chez l’homme.

Influence de la cuisson sur l’allergénicité chez le chat

La cuisson détruit en théorie un grand nombre d’épitopes des trophallergènes. Parfois, elle augmente très fortement l’antigénicité de certains aliments, comme l’arachide pour l’Homme. Ceci peut être dû à la révélation d’épitopes cachés. Chez le chat, il semble que ce soit plutôt les protéines de Maillard qui soient en cause. Ces complexes de protéines peu solubles et peu digestes augmentent l’allergénicité en retardant la digestion et en augmentant la présentation des antigènes.

Tests biologiques

Dans le cadre de modèles expérimentaux, comme les croisés beagle/bichon de l’université de Caroline du Nord allergiques au maïs, au soja ou à la caséine du lait de vache, on observe une augmentation des concentrations sériques en IgE spécifiques d’allergènes alimentaires lors du début de la sensibilisation ou lors des provocations. Ces modèles permettent de disposer d’un outil adapté à l’étude des allergies alimentaires, mais cela ne fait pas du dosage des IgE sp. de trophallergènes un outil de diagnostic dans les conditions de terrain. En effet, dans ces conditions, les résultats sont très décevants.
L’étude la plus complète et la plus récente repose sur le dosage d’IgE spécifiques de bœuf, poulet, porc, agneau, dinde, poisson blanc, œuf, blé, soja, orge et riz chez des chiens sains, atopiques ou présentant des troubles digestifs chroniques PBCG, MICI, diarrhée alimentaire ou infectieuse. Il existe une augmentation des IgE et IgG chez tous les groupes d’animaux malades. Les chiens atopiques présentent les taux les plus élevés d’IgE spécifiques de trophallergènes. Toutefois, ces données ne sont pas corrélées aux résultats des régimes… Les chiens atopiques font plus d’IgE, mais cette anomalie biologique n’a pas toujours des conséquences cliniques.

Régimes hypoallergéniques

Nécessité des tests de provocation

Dans toutes les études de suivi de chats ou chiens en vue de valider un aliment hypoallergénique, la sélection met en évidence l’existence d’un grand nombre d’animaux:
-    Qui ne rechute pas lors de la provocation
-    Que l’on ne contrôle pas avec l’aliment précédemment hnypoallergénique lors de l’essai de contrôle de la provocation…

Hydrolystats chez le chien

Les hydrolysats sont utilisés depuis plusieurs années chez l’enfant allergique (lait soja), de même que chez le veau préruminant (soja).  En médecine des petits animaux ce type d’aliment est utilisé comme régime d’éviction dans le diagnostic des hypersensibilités alimentaires.
Le principe des hydrolysats est de réduire par lyse enzymatique la taille des protéines afin de les rendre les moins antigéniques possible. Pour qu’un aliment soit anallergénique, il faudrait pouvoir effectuer une hydrolyse qui permettent l’obtention de peptides de quelques dizaines d’acides aminés comme cela se fait pour le lait de vache pour l’enfant. Sans aller jusqu’à une telle diminution du PM, on peut partir du principe que les allergènes alimentaires sont le plus souvent des protéines de fort PM (40-70 kD). On pourrait même pousser l’hydrolyse jusqu’à l’obtention d’un PM inférieur à 10 kD, certains allergènes alimentaires pesant 10 kD. Toutefois, cette approche demeure très théorique les allergènes alimentaires pour le chien et le chat étant assez peu connus. D’autre part, le PM n’est pas en relation directe avec l’immunogénicité de la protéine.
Selon les allergènes, et l’espèce cible, le degré d’hydrolyse nécessaire varie beaucoup. Ainsi, pour le chien, il faut effectuer une hydrolyse poussée pour la caséine, mais pas pour le poulet ou le soja.

Essais in vitro

Le principe des tests in vitro est d’utiliser des sérums de chiens allergiques ou artificiellement immunisés et d’étudier la reconnaissance des hydrolysats par leurs IgE ou IgG. Les études effectuées avec des hydrolysats de soja ou de poulet montrent une nette diminution de l’allergénicité in vitro (supérieure à 95 %).
Essais sur des lignées de chiens allergiques
Chez les chiens allergiques au soja ou au maïs, les essais d’hydrolysats montrent une efficacité sans faille. Par contre lorsqu’ils sont nourris avec l’aliment hydrolysé 3 animaux présentent des tests cutanés positifs au soja ou au maïs. Par conséquent, un hydrolysat n’est pas dénué de pouvoir antigénique, mais sa digestibilité est telle qu’ils ne se comporterait pas comme un antigène au niveau digestif.

Essais cliniques en dermatologie

Peu d’essais cliniques ont été publiés dans littérature proprement dite. Il s’agit toujours d’études ouvertes sans comparaison à un placebo, un régime ménager ou un autre hydrolysat.
Ils montrent que ces régimes sont efficaces comme outil diagnostique tant dans les maladies digestives (MICI, IPE) que cutanées.

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