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Rosanna Marsella (Université de Gainesville, Floride) explore depuis plusieurs années le rôle de l’environnement dans la dermatite atopique canine. Après ses travaux consacrés notamment aux interactions entre barrière cutanée, microbiome, pollution et environnement urbain, elle élargit encore le concept dans un article paru dans le JAVMA qui fait à la fois le point sur l’état des connaissances et propose des solutions à mettre en place pour limiter le risque chez nos chiens.

Des données déjà convaincantes

Les chiens vivant en milieu urbain présentent une diversité du microbiome cutané moindre que les chiens vivant en milieu rural. Or cette diversité est également diminuée chez les chiens atopiques, particulièrement lors des poussées.

La pollution atmosphérique est également suspectée : les concentrations domestiques de particules fines PM2.5 étant plus élevées dans les foyers de chiens atopiques, avec une association entre sévérité de la DAC et altération de la perméabilité cutanée.

À cela s'ajoutent les données de plus en plus nombreuses sur l'axe intestin–peau et les dysbioses associées à la DAC.

Beaucoup d'hypothèses… mais pas encore de preuves

Microplastiques, PFAS, pesticides, BPA, aliments très transformés, saisons polliniques plus longues : les chiens y sont exposés et les mécanismes proposés sont biologiquement plausibles.

Facteur Exposition démontrée
chez le chien
Association
avec la DAC

Causalité 
démontrée

Urbanisation / faible biodiversité 🟢 🟢 🔴
PM2.5 / pollution intérieure 🟢 🟢 🔴
Tabagisme passif 🟢 🟡/🟢 🔴
Dysbiose cutanée 🟢 🟢 🔴
Dysbiose intestinale 🟢 🟢 🔴
Métaux lourds 🟢 🟡/🟢 🔴
Microplastiques 🟢 🔴 🔴
PFAS 🟢 🔴 🔴
BPA 🟢 🔴 🔴
Pesticides 🟢 🔴 🔴
AGEs/aliments transformés 🟢 🔴 🔴
Émulsifiants ? 🔴 🔴
↑ pollens liée au climat plausible 🔴 🔴
Chaleur/incendies plausible 🔴 🔴

Il faut toutefois faire attention aux raccourcis : une exposition démontrée ne signifie pas un lien de causalité.

Pour beaucoup de ces facteurs, les données proviennent encore essentiellement de l'Homme ou de modèles expérimentaux (souris). Ainsi la liste de propositions faite comme :

  • éviter autant que possible l'exposition directe à la pollution automobile ;
  • limiter l'exposition aux produits chimiques sur pelouses et sols ;
  • laver plus fréquemment la peau pendant les fortes saisons polliniques ;
  • favoriser l'exposition aux environnements naturels/ruraux ;
  • introduire des aliments frais, complets, équilibrés et peu transformés ;
  • réduire les jouets et gamelles en plastique ;
  • privilégier l'inox ;
  • ne pas chauffer les aliments dans du plastique au micro-ondes ;
  • utiliser des probiotiques après des événements stressants ou même régulièrement ;
  • reconsidérer les aliments en conserve, notamment ceux à base de poisson.

Ne repose sur aucune donnée ayant prouvé leur intérêt ou leur efficacité chez le Chien

Il reste à démontrer si modifier l’environnement permet réellement de prévenir ou d'améliorer la DAC ? Dans notre expérience c’est surtout des changements radicaux de mode de vie et d’environnement (quitter la Région Parisienne pour la Corse par exemple) qui permettent d’observer des résultats spectaculaires. L’ensemble des recommandations notamment autour des aliments ou des jouets est pure hypothèse.

 

Marsella R. The impact of changing living conditions, pollutants, and climate change on allergic skin disease in our pets: highlighting our interconnectedness. J Am Vet Med Assoc 2026: 1–8. 20260819. DOI: 10.2460/javma.26.06.0472.

 

 

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