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Une étude récente à paraitre dans Vet derm et présentée au congrès européen de dermatologie vétérinaire a comparé 3 approches : IgE spécifiques, prick tests et tests épicutanés (patch), en utilisant comme référence des provoctaions alimentaires en double aveugle contre placebo. L’étude portait sur 12 chiens atteints de dermatite atopique

La sérologie IgE affiche une sensibilité de seulement 3 %, le prick test 6,1 %, et le patch test entre 35,9 et 51,3 % selon la manière dont les réactions douteuses sont interprétées. Les spécificités sont meilleures pour les IgE et le prick test, mais chutent nettement pour le patch test.

Même en combinant les trois examens, la performance reste médiocre. La sensibilité atteint au mieux 60,6 %, mais au prix d’une spécificité qui tombe à 54,8 %. Le rapport de vraisemblance positif reste proche de 1, ce qui signifie qu’un résultat positif ou négatif ne signifie rien.

Comme dans une étude brésilienne dont nous nous étions fait le relai en 2022(https://dermatiteatopiquecanine.org/2022/06/diagnostic-d-allergie-alimentaire-multiplier-les-tests-pour-entretenir-l-espoir.html),  les auteurs veulent cumuler les examens en parallèle pour augmenter la sensibilité, mais cela augmente fortement le risque de faux positifs. Ici, la combinaison des tests détecte davantage de chiens ou d’aliments « positifs », mais sans améliorer réellement la pertinence clinique du diagnostic.

La conséquence pratique est simple : il n’existe toujours pas de test sanguin ou cutané permettant de remplacer un régime d’éviction correctement conduit, suivi d’une réintroduction alimentaire.

Le diagnostic biologique de l’allergie alimentaire demeure aujourd’hui une pratique essentiellement consumériste, portée par une demande croissante de propriétaires inquiets, nourris par les infox des réseaux sociaux et une vision anthropomorphique de la santé de leur animal. Continuer à proposer, voire à promouvoir, ces tests comme des outils diagnostiques fiables, alors que leur absence de pertinence clinique est régulièrement démontrée, est scientifiquement indéfendable.

Quant à la prévalence de l’allergie alimentaire chez le chien atteint de DAC elle demeure en fait inconnue, tant les réponses aux régimes et provocations sont liées à nombre de facteurs indépendants d’une éventuelle allergie

Bien sur cette étude a des limites, comme le nombre d’animaux. Mais ce faible nombre révèle justement les difficultés d’identifier des animaux répondant à des régimes d’éviction / provocation faits en aveugle. D’ailleurs 27,3 % des provocations avec placebo sont positifs, et in fine la moitié des chiens ont réagi au moins une fois au placebo !

Tag(s) : #dermatite atopique canine, #tests épicutanés, #patch tests, #prick tetsts, #IgE, #aliment, #Allergie aliumentaire
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