Les études prospectives sur l’ITA sont si peu nombreuses chez le chien atopique qu’il faut saluer chaque équipe qui s’attaque au sujet.
Une étude thailandaise à paraitre dans Veterinary Dermatology s’est attachée à suivre sur un an 15 chiens désensibilisés au seul Dermatophagoides farinae. L’idée n’est donc pas de démontrer l’efficacité (faute de lot témoin), mais d’étudier l’évolution de paramètres cliniques et immunologiques (IgE spécifiques de D. farinae, IgG, IgG1, expression d'IL-31 et d'IFN-γ).
Il s’agit de chiens très atteints, le CADESI étant en moyenne de 93, la PVAS de 8/10. Sept présentent une forme grave et 7 une forme modérée.
La polysensibilisation n'était pas un critère d'exclusion : quelques chiens étaient également sensibilisés à des acariens de stockage, Blomia tropicalis ou à des pollens.
Le protocole utilise des allergènes aqueux (hélas) selon des protocoles de croissance de dose espacées progressivement de 7, 14 puis 30 jours.
Des traitements concomitants étaient autorisés en fonction des besoins : corticoïdes, oclacitinib, ciclosporine, antimicrobiens, itraconazole, etc.
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Voici en résumé les résultats :
1. CADESI-04 : pas d'amélioration significative
2. PVAS : diminution statistiquement significative… mais cliniquement non significative : 7,73 → 6,67 → 6,67/10
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3. Consommation médicamenteuse : chute spectaculaire 46,7 à M0 → 44,0 à M6 → 18,7 à M12
4. IgG et IgG1 : augmentation nette, avec des différences significatives dès M6. Toutefois l'étude ne démontre pas de relation individuelle entre augmentation des IgG1 et amélioration du CADESI/PVAS.
5. IL-31plasmatique : forte diminution entre M0 et M12 : 11,39 → 1,34, p<0,001.
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6. IFN-γ : augmentation spectaculaire : 3,68 → 176,7, mais l'écart-type à M12 est énorme : 176,7 ± 248,7, témoignant d'une variabilité interindividuelle considérable.
Autant dire que l’on n’a pas beaucoup avancé, mais reconnaissons un intérêt majeur à cette étude :
- Il est inutile d’effectuer des dosages d’IgE pour suivre une ITA. IgG et IgG1 seraient de meilleurs marqueurs
- l’IL31 diminue de façon spectaculaire
- l’ITA en s’inscrivant dans des protocoles polymodaux permet de diminuer les scores de consommation médicamenteuse, ce qui est un point essentiel dans le suivi des formes graves et modérées.
C’est hélas tout car l’étude souffre de nombreuses faiblesses :
- seulement 15 chiens, dont 7 beagles ;
- absence de groupe placebo ;
- absence d'aveugle propriétaire et investigateur ;
- traitements concomitants multiples et non standardisés ;
- scores médicamenteux dépendants des décisions du clinicien ;
- analyses cytokiniques exploratoires basées sur un groupe interne de seulement trois chiens ;
- très grande variabilité des concentration d'IFN-γ.
Les auteurs reconnaissent d'ailleurs explicitement que l'absence d'aveugle et les traitements concomitants constituent des facteurs de confusion importants.
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