La chlorhexidine est largement utilisée chez les chiens atopiques de façon répétée pour prévenir des poussées de pyodermite. Toutefois cet usage peut créer des dermatites de contact irritatives. Une équipe a eu l’idée d’essayer le gel hydroalcoolique dans cette indication. L’idée est excellente, tant le gel hydroalcoolique (70%) est bon marché et a une excellente activité bactéricide y compris sur les bactéries multirésistante 1
Les auteurs ont traité 15 chiens souffrant de pyodermite superficielle avec d’un côté un spray à 3% de chlorhexidine et de l’autre de l’éthanol à 70% en l’appliquant deux fois par jour pendant 1 mois.
Les deux traitements améliorent significativement les lésions et 86% des chiens sont guéris. Aucune différence clinique n'est observée entre chlorhexidine et alcool.
Hélas on ne peut rien conclure de cette étude tant les biais sont nombreux et notamment l’absence de groupe témoin et l’existence de traitements concomitants qui ont pu très significativement contribuer à la guérison : oclacitinib, lokivetmab, ciclosporine.
D’autre part ces résultats ne répondent pas à la vraie problématique des chiens atopiques à savoir l’efficacité de ces interventions dans la prévention des rechute de pyodermite et le pouvoir irritant des produits.
Enfin les données sur la barrière cutanée manquent dans cette expérimentation, alors que l’éthanol a un pouvoir asséchant certain. Ainsi chez l’Homme on a pu montrer que l’éthanol extrait les lipides intercellulaires, augmente la perte insensible en eau (TEWL), accroît la perméabilité cutanée et donc fragilise la fonction barrière lorsqu'il est utilisé à forte concentration ou de façon répétée2, 3. Il faut toutefois nuancer : l’idée reste intéressante et il faudrait essayer des concentrations moins fortes et surtout en associant des émollients 4, à suivre…
1. Masutani K, Brune JE, Duclos D, et al. Topical ethyl alcohol as a novel treatment for superficial bacterial pyoderma in dogs. J Small Anim Pract 2026; 67: 359–367. 20251217. DOI: 10.1111/jsap.70068.
2. Bommannan D, Potts RO and Guy RH. Examination of the effect of ethanol on human stratum corneum in vivo using infrared spectroscopy. Journal of Controlled Release 1991; 16: 299–304.
3. Lachenmeier DW. Safety evaluation of topical applications of ethanol on the skin and inside the oral cavity. Journal of Occupational Medicine and Toxicology 2008; 3: 26.
4. Celikoglu M, Raab C, Vollert H, et al. A pilot study on the cutaneous effects of ethanol in a moisturizing cream on non-lesional skin of patients with atopic dermatitis. Scientific Reports 2025; 15: 32536.
/image%2F0916075%2F20260809%2Fob_6b5cf6_chatgpt-image-9-aou-t-2026-14-22-49.png)