À défaut de traiter efficacement une dermatite atopique canine, il pourrait ainsi permettre de diminuer les doses de corticoïdes, de ciclosporine ou, mieux encore, d'inhibiteurs de JAK. Voilà qui donne immédiatement une allure plus scientifique à une efficacité jusque-là insaisissable.
Dernier candidat en date : le cannabis et son célèbre CBD.
Dans une étude publiée dans Frontiers in Allergy, 16 chiens atopiques insuffisamment contrôlés par l'oclacitinib ont reçu un placebo pendant un mois, puis pendant les mois suivants une huile de cannabis riche en CBD. Le traitement a été poursuivi avec une dose d'oclacitinib réduite de moitié.
Les résultats ? Le prurit diminue au fil des mois, mais la différence entre la période placebo et la période cannabis n'est pas statistiquement significative (p = 0,089). Aucune amélioration significative non plus du CADESI-4. Après réduction de moitié de l'oclacitinib, le prurit ne s'aggrave pas significativement. Et voilà notre cannabis promu au rang de candidat « épargneur » d'oclacitinib !
Sauf qu'un petit détail méthodologique vient gâcher la fête : aucun groupe de chiens n'a reçu une demi-dose d'oclacitinib sans cannabis. Impossible donc de savoir si cette réduction aurait été tout aussi bien tolérée sans le précieux complément.
Autre curiosité : les doses initiales d'oclacitinib varient de 0,2 à 1,1 mg/kg/jour, certains chiens recevant donc dès le départ des doses inférieures aux recommandations. Difficile, dans ces conditions, de parler d'épargne d'un traitement dont la posologie n'était déjà pas standardisée. Enfin 2 chiens ont dû quitter l'étude en raison d'infections cutanées profondes.
Soyons clairs : explorer les associations thérapeutiques et rechercher des stratégies permettant de diminuer l'exposition à certains médicaments est parfaitement légitime. Encore faut-il démontrer que le complément apporte réellement quelque chose. L'absence d'aggravation après réduction d'un médicament ne prouve pas que le complément administré simultanément en est responsable. Pas plus que l'absence de différence statistiquement significative ne démontre une équivalence thérapeutique.
À ce rythme, on finira peut-être par découvrir qu'une friandise quotidienne permet elle aussi de diminuer les doses de ciclosporine. Il suffira de ne pas prévoir de groupe témoin pour préserver le suspense !
Les compléments alimentaires méritent d'être évalués avec la même rigueur que les médicaments. Ni plus, ni moins.
Car avant de démontrer qu'un produit permet d'économiser un traitement efficace, il serait tout de même intéressant de démontrer qu'il possède une efficacité propre.
Illustration Manu Pottier, ©Poulot éditions
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