Une vaste étude prospective canadienne (1 409 enfants, 2 256 prélèvements fécaux) montre que le mycobiote intestinal suit une maturation progressive au cours de la première année de vie, caractérisée notamment par une diminution importante de Malassezia et une augmentation de Saccharomyces. Les enfants présentant un retard de maturation du mycobiote, marqué par une persistance de Malassezia, développent plus fréquemment une dermatite atopique et des allergies alimentaires à l'âge de 5 ans. Cette maturation s'accompagne de modifications du microbiote bactérien et de métabolites immunomodulateurs, notamment le butyrate, soulignant le rôle possible du mycobiote dans la modulation précoce du système immunitaire.
Bien que cette étude concerne Malassezia restricta chez l'Homme et non Malassezia pachydermatis chez le Chien, elle modifie profondément notre vision de ces levures. Elles ne doivent probablement plus être considérées comme de simples agents opportunistes de la peau, profiteurs de défaut de barrière et joyeux activateurs de l’inflammation, mais comme des acteurs de la maturation immunitaire.
Ces résultats renforcent l'hypothèse d'un axe intestin-peau, déjà suggéré par les travaux sur le microbiote intestinal, les acides gras à chaîne courte et les transplantations fécales dans la DAC. Ils invitent également à s'intéresser davantage au mycobiote intestinal des chiens atopiques et rappellent qu'une utilisation raisonnée des antibiotiques pourrait préserver non seulement le microbiote bactérien, mais aussi l'équilibre fongique, susceptible d'influencer le développement et l'expression de la maladie atopique.
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