On a connu et on subit encore la mise en avant de l’intérêt non prouvé de nombreux compléments alimentaires : CBD, PEA, vitamine E, probiotiques, postbiotiques, colostrum, flavonoïdes et divers extraits végétaux, idéalement avec une origine exotique. Dans la droite ligne de ces listes à la Prévert, voici la baicaline, flavone de la scutélaire, qui, comme son nom l’indique, a quelque chose à voir avec le lac Baïkal.
La lecture d’une étude chinoise récente publiée dans la très sérieuse revue Veterinary Dermatology laisse à penser qu’elle pourrait être la futur star des ventes en ligne et des conseils Instagram.
Ce travail coche toutes les cases qui plaisent pour être publié dans une revue de ce niveau : double aveugle contre placebo, critères validés (CADESI-04, PVAS), calcul préalable de puissance, suivi de 90 jours. On se réjouit d’avance d’avoir enfin un travail de qualité sur des compléments alimentaires, malgré le petit nombre de chiens (56 in toto) et un suivi qui semble court pour juger de l’effet d’une telle approche.
Les enthousiastes crieront au miracle avec à 90 jours 82% des chiens ayant reçu le remède classés comme ayant une amélioration « good » ou « excellente » versus 36% pour le placebo. Mieux, les scores CADESI 34,4 → 11,3 et PVAS 2,3 → 1,1 diminuent significativement.
Mais ces chiffres doivent nous alerter : ces animaux n’étaient en fait quasiment pas malade ! Un prurit noté à 2,3/10 est très proche de la normale. Rappelons que la plupart des études sur la DAC ont comme critère d’inclusion une PVAS > 7/10…
En outre, comme souvent, l’effet placébo est énorme avec une amélioration de 44% en moyenne du score CADESI et plus d’un tiers des animaux classés « good » ou « excellent ».
Autant dire que la baicaline ne prouve pas son intérêt à travers une telle étude, en dehors de son innocuité à 3 mois.
/image%2F0916075%2F20171129%2Fob_e6403b_monogramme-advetia-rvb-beige.jpg)