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Nous utilisons quotidiennement des dermocorticoïdes pour traiter les lésions localisées de dermatite atopique canine (DAC). Comme en médecine humaine, ces molécules sont classées selon leur « puissance », une classification qui influence largement le choix du traitement. Pourtant, cette hiérarchie, souvent considérée comme une évidence, repose presque exclusivement sur des données obtenues... chez l'Homme.

L'origine de cette classification remonte aux travaux de McKenzie et Stoughton, publiés en 1962 (année oh combien historique !). Les auteurs avaient montré que l'intensité du blanchiment cutané (vasoconstriction) observé après l'application d'un dermocorticoïde chez des volontaires sains était corrélée à son activité anti-inflammatoire clinique. Ce vasoconstrictor assay est rapidement devenu la référence pour classer les dermocorticoïdes, avant d'être intégré dans les recommandations de dermatologie humaine. Il ne s'agit donc pas d'une classification basée directement sur des essais cliniques comparatifs, mais sur un marqueur pharmacodynamique humain.

Une étude japonaise publiée dans JJVD apporte un premier élément de réponse. Les auteurs ont comparé, en double aveugle, deux dermocorticoïdes de classes très différentes chez sept chiens atteints de dermatite atopique : une crème de fuorate de mométasone à 0,1 %, classée forte, et une crème de d'acétonide de triamcinolone à 0,1 %, classée modérée. Après 2 semaines de traitement des lésions digitales, les deux produits ont obtenu une amélioration quasiment identique du CADESI local : 50 % pour la mométasone contre 57 % pour la triamcinolone, sans différence statistiquement significative entre les deux traitements.

Bien sûr, cette étude comporte de nombreuses limites : seulement 7 chiens, un suivi de 14 jours et des lésions limitées aux extrémités. Elle ne remet donc pas en cause, à elle seule, l'ensemble de la classification des dermocorticoïdes. En revanche, elle soulève une question fondamentale : les différences de puissance établies chez l'Homme reflètent-elles réellement l'efficacité clinique chez le chien ?

Les auteurs eux-mêmes proposent une explication plausible. La peau du Chien diffère profondément de celle de l'Homme : elle est plus fine, presque entièrement recouverte de poils et ses propriétés de pénétration percutanée sont différentes. 

Matsuda T, Nunokawa N, Momiyama S, et al. Topical corticosteroids and urea for the treatment of canine atopic dermatitis. Jap J Vet Derm 2026; 32: 5–9. DOI: 10.2736/jjvd.32.5

 

 

 

Tag(s) : #dermatite atopique canine, #dermocorticoïdes, #triamcinolone, #mométasone
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