La littérature sur la dermatite atopique est parsemée d’essais prometteurs, souvent éphémères, voire totalement loufoques.
En voici deux exemples rafraichissants.
Le premier est un essai d’administration de fructanes d’agave à des rats artificiellement sensibilisés par le DNCB(1). Ce modèle animal plus proche d’une dermatite de contact est considéré par les auteurs comme un exemple de ce que peut être une DA. Cela leur permet de mesurer à l’aide de paramètre objectifs l’effet de l’administration de doses variées de fructanes d’agaves sur des paramètres cliniques et microbiotiques. A la dose de 0,1 g/kg, l’effet anti-inflammatoire est significatif : (↓ œdème et épaisseur auriculaire ; ↓ activation de la voie NF-κB), mais il n’existe aucun sur le prurit.
Au niveau du microbiote, les effets sont plus spectaculaires avec une baisse massive de la colonisation par Staphylococcus aureus et au niveau intestinal une augmentation des Firmicutes, Lactobacilles, Bifidobacteries
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Ces fructanes d’agave exercent donc des effets anti-inflammatoires et immunorégulateurs systémiques, via la modulation du microbiote intestinal et de ses métabolites, conduisant à une amélioration lésionnelles
Toutefois, on connait les limites de ces modèles murins, les doses de 1-5g/kg sont difficilement transposables, l’effet dose est très paradoxal.
A creuser donc comme adjuvant immuno-nutritionnel (si tendance), mais pas comme une alternative aux traitements symptomatiques, tant l’effet sur le prurit est inexistant.
Le second est un essai indonésien de supplémentation en huile de coco vierge de la ration de chiens atteints de DAc(2). Dans cette étude ouverte sur une quinzaine de chiens souffrant de dermatite atopique, l’administration quotidienne d’un antihistaminique et d’huile de coco pendant un mois, améliore certains paramètres biologiques : albuminémie et protéinémie… et c’est tout. Rien sur des marqueurs d’inflammation plus spécifique type CRP, rien sur les doses administrées, ni sur les scores cliniques… donc pas de conclusion.
Ou plutôt si : l'efficacité de l'association agave - coco est efficace dans une Margarita coco offerte un soir à un humain, mais elle demeure très hypothétique chez le chien atopique.
1. Rios-Carlos M, Jimenez M, Cervantes-Garcia D, Cordova-Davalos LE, Verduzco LE, Enriquez-Medrano FJ, et al. Immunomodulatory and anti-inflammatory effects of agave fructans in atopic dermatitis: gut microbiota and short-chain fatty acid implication. Front Immunol. 2025;16:1700023.
2. Rohayu S, Suartha IN, Jayanti PD. Albumin and total protein levels in dogs with atopic dermatitis after treatment with coconut oil and diphenhydramine Bul Vet Udayana. 2025;17(5):1577–84.
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