L'oclacitinib et la prednisolone sont deux traitements majeurs de la dermatite atopique canine (DAC), mais agissent-ils réellement de la même façon ? Une équipe de l'Université de Géorgie apporte un début de réponse grâce à une étude transcriptomique comparant leurs effets dans un modèle expérimental aigu de DAC induit par injection intradermique d'anti-IgE chez 16 Beagles. Les deux traitements réduisent fortement les lésions induites et, au niveau moléculaire, diminuent le nombre de gènes dont l'expression est modifiée par l'inflammation : −49 % avec la prednisolone contre −40 % avec l'oclacitinib.
L'analyse détaillée montre que les deux molécules diminuent l'expression de nombreux médiateurs inflammatoires (CCL17, CCL19, IL-18, LTB, CCR4, CXCR6...), mais la prednisolone exerce une inhibition beaucoup plus étendue, touchant également TNF, CXCL10, STAT1, OASL, CCL8, CCR3, CCR5 ou encore plusieurs voies Th1, Th2 et Th22. L'oclacitinib, en revanche, agit de manière plus ciblée et réduit principalement les voies Th2 et Th22, sans effet significatif sur la voie Th1.
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Le résultat le plus intéressant concerne probablement l'IL-13, cytokine aujourd'hui considérée comme un acteur central de la dermatite atopique humaine et de plus en plus suspectée de jouer un rôle majeur chez le chien. Alors que la prednisolone diminue significativement son expression, l'oclacitinib n'a pas d'effet significatif sur la transcription du gène IL-13. Cette observation rappelle une notion essentielle : les inhibiteurs de JAK ne bloquent pas la production des cytokines, mais leur signalisation intracellulaire. En d'autres termes, une cytokine peut continuer à être produite sans pour autant transmettre efficacement son message biologique. Cette distinction est importante pour interpréter les études transcriptomiques et explique pourquoi l'absence de diminution d'IL-13 ne signifie pas que l'oclacitinib est inefficace.
Enfin, les deux traitements modifient également l'expression de nombreux gènes impliqués dans la fonction barrière. Certains marqueurs de différenciation épidermique sont restaurés, mais d'autres (comme FLG ou IVL) sont diminués, en particulier avec la prednisolone, rappelant que les corticoïdes possèdent aussi des effets potentiellement défavorables sur la biologie de la barrière cutanée.
Il est difficile toutefois d'extrapoler ces résultats tant le modèle choisi est éloigné de la clinique (injection d'anti-IgE à des chiens sains). En outre les traitements étaient administrés avant le déclenchement de l'inflammation, alors que l'on intervient après dans la vraie vie lors du traitement d'une poussée
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