Le rêve d’un diagnostic à l’aide d’une photo est toujours prégnant en dermatologie. La DA est d’autant plus ciblée que son diagnostic est presqu'exclusivement clinique.
Royal Canin a financé une recherche destinée de faisabilité d'une appli pour smartphone dans ce sens. Le but de l’étude a été de développer dans un premier temps un modèle diagnostique simple et fiable de la dermatite atopique canine (DAC)
Ils se sont appuyés sur l’expérience et la clientèle de 9 spécialistes européens, qui ont recruté en tout 645 chiens prurigineux, dont 448 souffrant de DAC
Les données étudiées étaient :
- 4 données anamnestiques :
- race prédisposée
- vie majoritairement en intérieur (> 12h)
- âge d’apparition (6 mois–3 ans)
- dermatite chronique/récidivante
- 15 localisations lésionnelles déclives (car travail uniquement fait à partir d’une photo de patient en décubitus latéral pattes écartées), réduites à 3 par sélection de variables
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L’outil est très sensible et spécifique mais il n’est comparé qu’à lui-même.
D’autre part, les critères d’exclusion de l’étude annihilent d’emblée toute sa pertinence ou pour le moins en limitent l’usage à un strict dépistage de première poussée
En effet les auteurs excluent les cas suivants :
- Otite comme seul signe clinique
- Aucun traitement même topique depuis plus de 3 mois
- Animaux alésionnels
- Animaux présentant des lésions chroniques de type lichénification, hyperpigmentation
- Pyodermite ou dermatite à Malassezia non liée à une DA (comment le savoir ?)
- Toute comorbidité (ce qui exclue nombre de brachycéphales et de psychopathes)
Le choix des races est discutable (manquent par exemple le Shiba inu)
L’exclusion ou le diagnostic des ectoparasitoses n’est pas clairement explicité.
Enfin l’exclusion des cas ayant répondu à des régimes d’exclusion/provocation est incompréhensible, puis qu’il s’agit aussi de cas de DAC… Il demeure manifestement des zones importantes de flou dans la communauté vétérinaire même au sein des spécialistes autour du diagnostic de la DAC…
Un tel travail est admirable au niveau du recrutement des animaux (50 AD et 50 non AD qui n’ont pas besoin de traitement, se grattent et n’ont pas de lésions chroniques par spécialiste !). Le résultat est lui décevant car l’outil in fine ne concerne pas le lot commun des chiens qui se grattent, mais uniquement des profils très particuliers, débutants, sans complication infectieuse ni comorbidité…
Comme les auteurs le soulignent, cet outil est une aide pour un premier tri qui ne remplace pas l’examen clinique, alors à quoi bon ?…
Le défi de la DA chez le chien n’est pas son diagnostic, simple à souhait et faisable en quelques secondes sans recours à une appli pour smartphone ou analyse d’image. Le vrai défi au quotidien de cette maladie est son traitement de fond qui nécessite à la fois une maitrise des outils thérapeutiques et une capacité d’écoute et d’adaptation à ceux qui le fond au quotidien : les maitres des chiens atopiques
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